jeudi 21 janvier 2010

Zigzags

Tout à l’heure je vois la dame qui va scruter mon parcours. Elle va ressortir mon curriculum vitae. Elle va me demander si j’ai réfléchi. Ce que je pense faire, ce qui me semble possible, de quoi j’ai envie.

Et elle va constater que j’ai changé d’avis.

On va passer en revue ce qu’elle n’a pas encore regardé. C’est à dire mon cv le plus conséquent, mon cv artistique. J’appréhende. Mais j’essaie de me dire que je suis tout aussi capable que les autres. Et que je le possède ce « Talent musical exceptionnel » qui doit me garantir une entrée sans matu. Quand bien même ce serait faux, qui ne tente rien n’a rien. Je sais que la musique qu’ils font en classe de composition risque de ne pas m’intéresser. Je le sais. Mais je sais aussi que jouer le jeu peut rapporter gros. Pour mon cerveau, pour mon estime de moi-même, pour ma culture, pour ma technique.

Pour les autres connards qui passent leur vie à me descendre ça ne changera strictement rien. Parce que dans leur esprit la musique n’est pas un métier, et en plus ça paye pas. Et ce sont ces mêmes gens qui bossent dans un secteur informatique surpeuplé et qui se font virer tous les six mois pour cause de restriction budgétaire. Ce sont les mêmes qui se plaignent quotidiennement que leur boulot est pourri, qu’ils s’emmerdent. Ce sont les mêmes pessimistes de nature qui viennent me demander du soutient quand moi je vois plus loin que le bout de mon nez et que je tiens la barre quand eux coulent !

Je ne veux pas faire autre chose. Parce que c’est ça qui me ressemble. Je ne veux pas me disperser car ce serait une perte de temps.Vous avez pris sur vous de faire un truc inintéressant et de vous sacrifier à longueur de journée, ne me dites pas que je suis une incapable parce que moi je n’ai pas envie de me ranger dans votre petite vie de merde.

Vous êtes morts.

Moi je vis.

Je voudrais faire des études, pour fuir cette médiocrité.

Fuir les incapables trop nombreux qui règnent sur ma vie, pas par intelligence mais à cause de leur majorité écrasante. A cause de leur insistance permanente à me rappeller que je suis bonne à rien, que je vais faire ma vie avec l’argent du contribuable.

Hey… regarde-moi bien dans les yeux .

Je ne te dois rien.
Va te faire foutre.
Tu es dans tes pires jour l’incarnation de ce qui m’a détruite toute ma vie.
Crois-tu seulement que je vais encore me laisser faire ?
Oui il me disait que j’accordais une importance majeure au statut d’artiste. Parce que ça me garanti que ces gens-là ne sont pas comme toi. Alors oui, c’est un cliché, c’est surfait, tous les artistes ne sont pas talentueux, etc etc…
Mais ils ne peuvent pas poser sur moi le regard que toi tu poses sur moi.
Tu ne crois pas en les autres, parce que tu ne crois pas en toi.
Et je ne te sauverai jamais. Je me suis sauvée moi, et Halleluia.

Seuls les artistes maintenant savent faire battre mon cœur. Ce n’est pas que je méprise les autres, c’est qu’ils me font du mal. Elle, elle ne me juge pas. Elle aime cette part de moi comme quelque chose de précieux dans ce qui me construit.

Alors oui, quand elle m’ouvre les yeux en me disant que c’est possible, oui, même si c’est dur, j’ai envie d’essayer. Parce que dans cette école, même si les gens sont moins enthousiastes que moi, il y a le groupe de gens auquel j’appartiens. Et si je ne suis plus seule, tu ne pourras plus jamais casser celle que je suis. C’est à cause de gens comme toi que mon parcours fut en zigzag.

C’est parce que certaines personnes nous démolissent au mauvais moment, trop longtemps, de manière insidieuse, que nous sombrons dans quelque chose que peu de gens comprennent.

La souffrance n’est pas la condition sinéquanone au talent.

Les gens qui n’ont pas souffert du tout, sont au pire, creux, et non dysfonctionnels.

Regarde bien qui je suis. Je ne suis plus la petite demoiselle fragile qui se laisse mettre la tête sous l’eau par les autres. Si tu t’attaques à moi, je te remettrai en place, parce que je suis plus forte que toi. Ma force c’est que moi, j’ai les yeux ouverts. Ma force c’est que moi j’y crois. Ma force c’est que moi je suis déjà tombée, et j’ai survécu. Alors je ne vois pas quel obstacle plus dur peut se mettre en face de moi désormai.

Oui j’ai peur, parce que je n’ai connu que l’échec et la solitude, mais j’y crois parcequ’il faut y croire. Et la dame, je lui dirai mes certitudes surtout.

Et mon parcours et bien, il est comme il est et il m’a rendue plus forte.

De toutes façons… les coutures en zigzag c’est bien plus solide que les coutures droites.

mercredi 13 janvier 2010

Faites que je n'oublie pas mon texte.

C’est dans la ville où j’ai grandi, celle dont presques toutes les rues me sont familières qu’elle est apparue.

Cette page nouvelle, cet endroit inconnu.

Il a surgit au milieu de ce qui ne devait décidément plus me surprendre.

Et puis nous sommes entrées dans ce bar que je ne connaissais pas. Je lui ai vu des airs que je ne connaissais pas. J’ai posé sur elle un regard que je ne connaissais pas… et au milieu de mon chez-moi, au milieu de l’habitude et de mon sempiternel quotidien… je suis devenue aventurière. Enfin.

Elle a pris mes mains dans les siennes et hop, je me suis envolée avec le vent, vers un ailleurs époustouflant. J’ai pris alors la plus incroyable des bouffées d’air, je suis allée jusqu’aux étoiles, fricoter avec leur rayons lumineux.

« Mais qu’est-ce qui m’arrive ? » me suis-je dit.

Je me suis réveillée naïve, fragile et un peu à sa merci.

Pourtant je ne suis pas naïve, mais elle m’a pris par la main pour me faire redécouvrir la magie de la confiance enfantine et naturelle. Pourquoi ? Je n’en ai aucune idée ! Comment ? Je le sais encore moins !

Echanger avec elle, c’est lire un livre, voire carrément l’écrire.

Elle me dit, « Viens, prends ma main et entre dans la danse, mais joue selon les règles ou je briserai le charme. »

Et moi de la manger des yeux, pleine d’admiration et de cette confiance absolue qui me submerge…

Il y a les costumes. Personne d’autre ne les voit, mais ils sont bien là. Classiques et bien coupés pour inciter à la parade romantique.

Il y a le décor. Personne ne le soupçonne, mais il change peu à peu, amenant à l’histoire une dimension d’immensité et de plénitude.

Il y a les personnages… qui sont pourtant bien nous, mais qui jouent selon les règles.

Et il y a l’histoire… celle-ci est visible aux yeux de tous. Mais personne ne la connaît encore.

Et moi je me pose une question… Le charme peut il être rompu ?

Je veux croire que tant de magie ne saurait être brisée. Je n’y suis pour rien, je n’ai prise sur rien, tout ceci me dépasse et je me laisse guider.

J’enfile mon costume dans les coulisses, je me prépare, bientôt c’est mon entrée…

Bon dieu faites que je n’oublie pas mon texte !

vendredi 1 janvier 2010

Vous

C’est quand les larmes innondent mes yeux que mon cœur s’incline.

Qui aujourd’hui est encore capable de m’émouvoir, qu’est-ce qui reste émouvant pour moi ?

Moi qui prend décidément mes distance, qui ne goûte même plus à la misère du monde mais s’éloigne de l’empathie générale pour rester dans des limbes protectrices sous un masque qui est mien, enfin.

Vous.

Vous qui m’avez fait grandir, évoluer, vous qui m’avez aimée.

Vous que j’ai aimé à m’en assassiner le coeur.

Vous qui m’avez déchirée, battue à mort dans mon estime et ma fierté. Vous qui m’avez tuée, guérie, ressucitée.

Vous qui m’avez rejettée, qui m’avez retenue.

Vous que j’ai eu… et vous que je n’ai pas eu.

Vous que j’ai gagné, vous que j’ai perdu.

Vous que j’ai chéri du bout du cœur, pour des années ou pour une heure, pour une pensée douce, ou milles pensées enflamées. Vous qui m’innondiez ou qui piquiez juste ma curiosité.

Vous êtes tous si loin…

Car je suis loin du temps où je vivais tout cela.

Je vous dois un MERCI.

Je vous dois mes chansons, ma sagesse d’aujourd’hui.

Je vous dois ma lumière actuelle que le temps et la vie avaient assombrie.

Je vous dois l’apprentissage de l’amour inconditionnel.

Il y a des gens parmis vous… qui sont toujours l’objet de cet amour étrange qui ne supporte pas de compromis, car il n’y en a pas à faire pour qu’il existe.

Mes compagnes de demain pourraient vivre une jalousie vis à vis de cet amour. Et pourtant, c’est une erreur que de jalouser ceux qui sont aimés inconditionnellement, car mes compagnes désormai y auront toutes droit. Je ne mets pas la barre moins haut.

Je vous aime. D’un feu qui ne brûle pas.

Je pleure des larmes qui ne contiennent nulle tristesse.

Mon amour n’a pas de limites et vous le recevrez sans condition. Car c’est cela qui m’élève. Cette joie sans fin, qui éloigne les frustration tant elle est pure et lumineuse.

Je vous aime.

Et cet amour seul suffirait à effacer des milions de peines.

Je vous aime, n’oubliez jamais que je vous aime.