vendredi 3 juillet 2009

Ne me regarde pas comme ça.

Ne me regarde pas comme ça…

Comme si tu n’aimais que la moitié de l’indigne fille que je suis. Comme si tu n’aimais que mon talent, et non pas mon entièreté.

Ne me regarde pas comme ça papa.

Je déteste craquer.

Montrer de moi les parties les plus vulnérables, quand je sais pertinemment que tu en profitera pour tenter à nouveau de contrôler ma vie.

Tes cadeaux ne sont jamais gratuits.

J’ai toujours payé très cher le prix de ta générosité, le prix de ton intérêt pour moi.

Je ne t’intéresse que quand je réussis.

Que quand je suis brillante.

Mais durant toutes ces années j’ai surtout connu l’échec, la solitude, l’incompréhension… la folie même.

C’est ironique. J’ai été la fille que certaines personnes rêvaient d’avoir, je le sais car ils me traitaient mieux que leur propre fille que j’aimais à la folie. Et quand bien même j’étais flattée, je ne pouvais pas tolérer ça.

Et toi tu m’as moi, moi qui ne suis pas stupide, pas inculte, et pas dénuée d’intérêt… et non, ça ne te convient pas.

Rassure-toi mes sœurs prendront la relève désormai. Et peut être cessera tu de vouloir me façonner comme une statue d’argile.

On ne façonne pas les gens comme moi.

Le pire papa, c’est que je te ressemble. Mon impulsivité elle vient de toi. Ma logique imparable, elle vient de toi. Ce talent pour les choses manuelles également, cette capacité à trouver des solutions pratiques itou.

Et peut être cet attrait pour la mer.

Même si nous partageons ça tous les trois, toi, maman et moi…. Je crois que ta passion de la voile est plus ancrée en moi qu’en maman.

Même si tu n’a jamais pris le temps de m’apprendre au fond.

Ne me regarde pas comme ça.

Je sais que tu ne dénigrera plus jamais mes ambitions musicales parce que tu as enfin compris qu’elles étaient plutôt uniques en leur genre et exceptionnelles.

Mais au delà des ambitions… et moi alors ?

« T’as qu’à retourner à l’hopital. »

Certes quand je faiblis, ça semble souvent la seule issue.

Mais si ça recommence… si ça recommence cette fois je n’y survivrai pas.

« T’es sûre que tu veux vraiment aller vivre à Paris ? »

Oui.

Pour te fuir.

Pour fuir les gens qui me disent ce que je n’ai plus la force d’entendre. Pour fuir les gens qui me démolissent et retrouver les gens qui m’aident à me construire et à être bien.

A être moi.

Ca me prendra peut être du temps…

Mais je partirai et je gagnerai peu à peu mon indépendance financière.

Et alors nous oublierons le passé. J’oublierai que tu as été intransigeant, j’oublierai la peur qui me submerge quand quelqu’un ose te parler de mes problèmes de santé… J’oublierai que j’ai eu peur de toi.

Mais ne me regarde pas comme ça…

Ne me regarde pas comme ça…

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