Quels sont les mots qui t’ont fait fuir ?
Tous ?
Une part de moi s’y préparait… et pourtant, nom de dieu ce que ça fait mal. Mais ce n’est pas grave, la douleur est passée. Et maintenant ce sont les questions, les questions pour essayer de comprendre, de te montrer la voie d’un chemin que tu prendras forcément toute seule. Car cela t’appartient.
Ce n’est pas comme si tu étais la première à t’enfuir loin, à entraîner ton âme à l’abri. Sauf qu’avant c’est une chose qui me semblait normale voire carrément logique dans leur personnalité. Pour toi ça sort un peu de nulle-part.
Il y a forcément une raison, mais laquelle je ne sais pas bien.
Je suis moi-même passée par des phases comme celle-ci.
Il y a peu. Quand ce garçon charmant s’est avéré presque monstrueux tant la violence l’habitait. Et puis d’autres fois aussi, un jour quand d’un autre garçon charmant j’ai touché une part qu’il cachait bien et qui était laide. Cette part de machisme invétéré.
Toujours au moment fatidique des ébats.
Avec les femmes c’est différent. Les femmes n’ont pas besoin du sexe pour révéler leur nature. Leurs blessures. Mais jamais elles ne m’ont fait fuir de cette manière.
Certaines m’ont fui en revanche.
Le quotidien me fait fuir moi. Les paperasses, les choses désagréables. Je n’entends plus, je ne suis plus là, j’occulte.
Les profs agressifs me font fuir, le prof d’harmonie pratique, la prof de math, une prof de solfège, ma prof de flamenco, ma prof de comédie musicale, des tonnes de profs dans des tonnes d’écoles différentes. Ces gens-là me rendent malade, alors je fuis, je ne suis plus là. Je m’endors quand je ne devrais pas, et je loupe les rendez-vous fatidiques.
Mais quelque chose a changé chez moi. Maintenant je me dis que ce qu’ils disent n’est pas grave. Je me dis que ça ne me concerne pas, et quand c’est trop, viscéralement, j’y vais pas, en attendant que ça se calme. Mais je refuse de me bloquer parce que je refuse de passer à coté de ce qu’ils ont à transmettre.
Alors bien sûr…. Je ne suis pas sûre que le blocage ne reviendra pas au galop… on ne peut être sûr de rien. Mais j’ai confiance en moi maintenant.
Il faut du temps. Il faut combler seul ses propres vides pour ne pas être sujet à la fuite.
Il faut avoir moins peur d’avoir mal.
Mon blocage vient souvent du fait que je me dis dans une situation précise « Je ne suis pas capable ». Se pourrait il que tu fuies pour les mêmes raisons ? Comme si tu avais peur de ne pas être capable d’aimer, quand pourtant tu l’es, bien évidemment, et que c’est même beaucoup plus simple que ce que tu crois… ?
Elle a fuit aussi. Nous avions la distance en plus. Mais elle me disait qu’elle ne pourrait jamais m’aimer comme je l’aimais. Et pourtant bien plus tard, elle me l’a dit qu’effectivement, elle m’aimait. Est-ce donc si important de mettre une valeur sur l’amour ? Est-ce important qu’il doive ressembler à quelque chose de précis ? Et si l’amour n’était l’amour que parce que toi tu dis qu’il l’est. Il n’y a que ton cœur qui sache comment tu dois aimer, comment tu peux aimer. Si ta froideur quand tu fuis est involontaire et pourtant dure, elle ne te caractérise pas. Tu n’est pas ainsi avec moi en général.
Il y a dans tes yeux plus d’amour que dans ceux de bien des demoiselles qui me criaient le leur.
Peut être que tu ne nommes pas cette tendresse « Amour », mais moi je la reçois comme telle. Et elle me va bien ainsi.
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