samedi 19 septembre 2009

La possession

La possession…

La possession c’est quoi ?

C’est la valeur essentielle ici en Suisse, en France aussi… à Paris, à Genève… le maître mot est d’avoir des choses… à soi.

Acheter, avoir, posséder, conserver, désirer ce qu’on a pas…

Je me laisse souvent prendre au piège, tentant de me rassurer avec ce que je possède. Et dans le fond oui, j’aime posséder tous ces livres, sauf qu’une fois que je les ai lus, ce que je possède n’est plus physique et que donc, je n’en ai plus réellement besoin.

Ici le luxe est maître. Et bien que je comprenne tout à fait l’utilité du confort, il ne remplira jamais le vide qui habite tout le monde.

Parcequ’ici les gens sont ainsi.

Vides.

Seuls.

Les murs eux-mêmes doivent être possédés.

Ils doivent nous appartenir, c’est ce qui fait le chic de la région. « Je suis propriétaire . »

Eh non…

Je ne suis propriétaire que de moi-même.

Car certes, j’ai des biens matériels, mais ils ne valent rien. Et quand on perd tout, on se rend compte à quel point c’était futile et stupide de mettre toute son énergie dans la possession.

J’avais 23 ans, je pensais commencer à toucher du doigt l’essence et le sens de la vie… et bien non.

Tout est parti en fumée dans tous les sens du terme. L’appartement a brûlé, et bien que je n’aie pas entièrement tout perdu, tout était inaccessible pendant quelques mois en tous cas.

Et puis elle est partie elle aussi.

La seule chose qui restait, c’était moi.

Mais j’étais entière, j’étais vivante, et je n’avais rien.

Une chambre d’hôtel, des habits de rechange achetés le jour même…

Et je me suis sentie libre…

C’est suite à cet épisode que j’ai acheté ma belle guitare. Avec l’avance de l’assurance. Parce que c’était ça qui était important, et c’est tout.

Mon essentiel tient dans mon ordinateur et dans n’importe quelle guitare.

Ce qui importe, c’est ce que j’ai accomplis, et non ce que je possède.

Ici on cache le vide et la froideur par l’argent.

On se rassure en se disant qu’on a plein de choses pour tromper la solitude.

On oublie l’essentiel, on se perd.

La Suisse est un magnifique pays… mais les bautés que je recherche se trouvent ailleurs, dans le partage.

Tout ce que je veux vraiment, c’est une place à moi. Pas des milions d’objets inutiles. Pas des tonnes d’appartements. Tout ce que je veux, c’est une chose primordiale mais qui est impalpable, je veux ma place en ce monde. Ma place à moi que l’on respectera.

La suisse m’a dit que je n’avais pas ma place ici.

Alors je vais partir.

Là où les gens ont le sourire quand ils te voient.

Là où ceux qui n’ont rien ne sont pas pour autant seuls et isolés.

La chaleur humaine ne coûte rien, rien qu’un peu d’ouverture sur autrui et sur le monde.

Et non, je ne serai pas là pour offrir ces choses à ma petite sœur, ni à la seconde à venir. Car je ne peux plus me sacrifier pour les autres. Je ne peux pas me sacrifier pour les idées des autres. Il est temps que je mène une vie qui m’appartienne.

Je finirai par passer mon permis. Ici ça m’étonnerait vu à quel point j’ai envie de me casser… En Belgique plutôt… nous verrons.

Et j’aurai une voiture… soit un truc bien, soit un truc pas bien, mais un truc qui roule et qui assouvisse mon besoin de liberté.

Je serai de ces gitans qui se déplacent au grés du vent.

Je trouverai des gens qui aiment le vent.

J’ai tant de chanson qui parlent de partir… depuis si longtemps déjà…

Il serait temps que je le fasse… ce baluchon.

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